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Textes accompagnant les oeuvres

SERIE « LES VESTIGES »

 

Des statues antiques semblent planer dans un paysage végétal où miroitent quelques lumières et ruines d’un passé révolu. Des ombres, des bribes de paysages minéraux, des empreintes de végétaux sont les constituants d’une atmosphère emplie de nostalgie. Si la relation avec le passé est un élément essentiel de la construction de nos identités collectives, elle alimente aussi une mémoire commune brouillée par la multitude de paramètres de notre propre présent. La série Vestiges est une mémoire fragmentée, imbriquée dans les entrelacs de ce que nous regrettons et/ou souhaitons (re)devenir.

 

LA TERRE

 

Le dolmen, architecture emblématique de notre territoire, drainait des légendes jusqu’au moment où la science et plus particulièrement l’archéologie, nous en a dévoilé la véritable fonction. Les fées qui portaient les lourdes dalles pour s’asseoir autour de la Font-Vive (Grospierres, Grou Peiro n°4 F.D Serret, « légendes sur nos sources et nos dolmens », juillet 70) se sont effacées devant notre modernité. Le dolmen est dorénavant une image du chaos et ses débris sont une représentation de notre monde. Ce qui est en perdition doit être compris pour l’hypothétique projet de nous sauver. Ils sont des îles désertées par notre imaginaire, les épaves de nos souvenirs primitifs. Dans une des séries présentées, j’associe la caverne aux dolmens, comme si l’entrée de ceux-ci permettait d’accéder à un monde fantasmagorique. Nous avons tous une effroyable et palpitante angoisse qui nous étreint devant l’entrée d’une caverne et pourtant une seule chose compte, pénétrer, s’approprier ce « hors monde ». En évoquant la grotte, la caverne, Dominique Pasqualini écrit ceci : « obscurité, silence, cheminement labyrinthique, température constante se conjuguent pour produire une perte du temps et de l’espace, du rythme diurne / nocturne…(« La grotte est un corps », édition confluences) ».

 

L’EAU

 

Ce travail évoque l’idée de la perte, de la fragmentation d’un monde et de la disparition programmée du vivant. Comme des bouteilles à la mer, mes œuvres appellent à un sursaut, une prise de conscience, c’est la traduction artistique d’un monde qui se perd et du vivant qui lutte. L’œuvre « je reviendrai » où est représenté Poséidon, si elle évoque symboliquement un avertissement et le retour à un état primitif, comme si nous ne pouvions plus échapper au désastre, représente aussi le risque de voir nos plus bas instincts refaire surface devant l’inéluctable.

 

LES POULPES et LES OMBRES

 

Il s’agit de tirages sur papier d’œuvres originales de format plus réduit. Les originaux sont des empreintes de poulpes mêlées à leurs encres, différentes couleurs et solvants. Encre et rouille qui se mêlent aux animaux symbolisent notre monde industriel ainsi que le cloaque dans lequel ils évoluent. L’eau elle-même a du mal à s’imposer. Le combat de certains paraît une lutte pour survivre et la transparence des autres une lente disparition.

LES OMBRES représentent des empreintes de poulpes dans des colorations et utilisation de solvants différents. Elles sont à la fois fuyantes, lugubres, dignes des meilleurs récits de HP.Lovercraft ( « L'Appel de Cthulhu » 1928 ) mais elles semblent aussi saisies dans un moment de grâce et de légèreté.

 

LES ÎLES

 

Les îles exposées, toutes imaginaires, sont au nombre de 20. Seules restent encore les îles 2,3,6,12 et 13 qui sont présentées avec leur texte.

Afin de mieux évoquer l’ensemble de cette série et d’en montrer la cohérence, j’ai choisi d’exposer également les photos des îles manquantes et les textes s’y rattachant. Chaque œuvre raconte l’éternel recommencement de la vie d’un personnage, balloté d’île en île, sans le souvenir de celle qu’il vient de quitter, et tentant de s’approprier la nouvelle et d’en extraire l’essence primitive.

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